Quand on parle sécurité, on parle souvent règles, procédures, vigilance.
Mais beaucoup plus rarement du principal concerné : le cerveau humain et son fonctionnement.
C’est précisément pour cela que nous avons conçu une conférence participative et active : une heure pour confronter les idées reçues, expérimenter des biais et automatismes et, enfin redonner du sens aux parades sécurité.
Objectif : sortir du réflexe “il faut faire plus attention” et comprendre pourquoi, malgré les consignes, les écarts continuent d’exister.
Notre cerveau : un sur fonctionnement efficace… mais pas infaillible ?
Au quotidien, notre cerveau cherche à économiser de l’énergie, et pour cela (et pour gérer les milliers de décision quotidiennes) : il simplifie, il anticipe, il automatise.
C’est ce qui nous permet de tenir le rythme, d’être efficace et de ne pas avoir à résoudre une équation mathématique complexe portant sur la vitesse des voitures à chaque fois qu’on veut traverser la rue !
Mais ce fonctionnement a une limite : à force de simplification, il peut aussi passer à côté d’informations importantes.
Concrètement, le cerveau :
- sélectionne ce qu’il juge utile,
- s’appuie sur ses habitudes,
- comble les zones d’incertitude avec ce qu’il “pense savoir”.
Autrement dit, il prend des raccourcis. Et ces raccourcis sont, la plupart du temps, invisibles pour celui qui agit et nous permettent de prendre des centaines de bonnes décisions.
Quand l’attention atteint ses limites
Lors d’un accident ou d’un écart constaté, dans beaucoup d’organisations, la réponse reste centrée sur le rappel des règles.
On insiste, on renforce, on demande plus d’attention.
Mais cela repose sur une hypothèse fragile : que l’attention humaine est constante.
Or, notre cerveau prend des décisions influencées par le contexte, la pression, les interactions, nos expériences passées. Il ne prend pas toujours le temps de tout analyser méticuleusement.
Et tout cela sans qu’on s’en aperçoive, alors même qu’on est concentrés sur notre tâche.
Repenser la sécurité à partir du réel
Si l’on est tou.tes conscient.es de ce fonctionnement, c’est là que ça devient intéressant.
L’erreur n’est plus vue comme une défaillance individuelle, mais comme le résultat d’une situation.
On ne cherche plus uniquement “qui a fait l’erreur”, mais “dans quelles conditions elle est devenue possible”.
Ce changement ouvre des leviers beaucoup plus concrets.
Les rituels sécurité, par exemple, prennent une autre dimension.
Ils ne sont pas là pour ajouter une contrainte, mais pour créer des points d’arrêt dans l’action. Et nous permettre donc, grâce à des outils (une checklist par exemple) de remettre de l’analyse là où le cerveau fonctionnerait autrement en pilote automatique.
Au fond, le message est simple : la sécurité ne repose pas sur des individus parfaits, mais sur des systèmes capables de prendre en compte leurs limites.
Ce qui amène à une autre question : comment crée-t-on des conditions de travail compatibles avec le fonctionnement réel du cerveau humain ?
Pour ne plus miser uniquement sur la vigilance individuelle de chacun : on construit des outils.
On ne culpabilise plus.
On fiabilise.
Et surtout, on transforme chaque écart en opportunité d’apprentissage partagé.
Vous souhaitez engager vos équipes sur ces sujets, sans retomber dans une approche descendante ?
Parlons-en !