Learning by doing, autrement dit « apprendre en pratiquant », cela vous dit quelque chose ? À l’origine, il s’agit d’un concept économique. Il a été défini au début des années 1960 par l’Américain Keneth Arrow. Dans son rapport intitulé The economic implications of learning by doing, il précise sa théorie. Selon lui, l’expérience acquise par les travailleurs, par la répétition régulière d’un même type d’action, aboutit à un gain de productivité. La capacité des salariés à se perfectionner et à innover est mise en avant. Par la suite, ce concept sera repris dans le champ de la pédagogie. Et c’est bien parce que l’apprentissage actif présente de nombreux atouts que nous l’avons adopté chez Coven.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron.

Une fois le pied posé dans le monde professionnel, il n’est pas rare que l’intérêt pour apprendre et l’implication reposent sur la pratique. S’approprier de manière factuelle un savoir rend acteur de son apprentissage et favorise la mémorisation. Les méthodes dites learning by doing se fondent sur la résolution de problèmes et l’analogie. Elles positionnent l’apprenant comme la clé du problème : elles l’invitent à réfléchir pour trouver la solution, en faisant appel à l’analyse de son environnement et à son savoir-être. Elles mobilisent des connaissances antérieures, qu’elles viennent valider, et les complètent par de nouvelles. Dans cette situation, un cheminement intellectuel se crée et il pourra être reproduit.

Cette approche empirique, nous l’avons choisie pour le Coven Escape (escape games prévention) et le Coven Lab (laboratoire d’innovations prévention), parce qu’elle est porteuse de sens. Sur un chantier comme dans une installation industrielle, si le terrain diffère, certains risques sont universels (non-port des EPI, risque électrique ou de chute par exemple). En proposant un univers réaliste, les bons réflexes en matière de prévention s’acquièrent plus facilement parce qu’ils entrent en résonance avec le quotidien des participants.

Une pédagogie « caméléon »

Cet apprentissage par effet miroir relève d’un apprentissage cognitif. L’apprenant traite les informations qu’il perçoit, par l’ensemble de ses sens. Sa compréhension de la réalité, et donc ses réactions, s'appuient également sur son expérience : son vécu l’aide à se projeter et à faire des choix. La pédagogie learning by doing favorise l’utilisation de tous les sens. Elle répond ainsi à des manières d’apprendre propres à chacun : votre personnalité n’a-t-elle pas un jour été qualifiée de visuelle ou bien d’auditive ? Lors d’une session Coven Escape, chaque participant apporte sa perception de la situation : cela enrichit la vision collective et démultiplie cette complémentarité des sens.

S’il nous semble aussi important d’avoir recours à l’ouïe, à la vue ou encore au toucher dans les solutions que nous proposons, c’est parce que c’est ce qui crée l’émotion. Elle est un vecteur efficace pour la mémorisation. Le neuroscientifique américain John Medina la présente comme un des « hameçons » pour réactiver notre attention, sachant que le niveau optimal de cette dernière chute au bout de 10 minutes. Nos expérimentations pour imaginer la prévention de demain nous donnent régulièrement la preuve de ce qu’il avance. Le caractère innovant des équipements connectés ou des modules de réalité virtuelle suscite la curiosité des utilisateurs, véritable aimant de l’attention !

Une dynamique d’apprentissage bénéfique pour le collectif et l’individu

 

Coven_Learning by doing

Learning by doing : au temps de l'action succède un temps de débriefing pour assimiler les bonnes pratiques.

 

La prévention des risques relève d’une responsabilité partagée. Pour s’ancrer dans un processus d’amélioration continue, elle doit à la fois concerner les équipes et chacun de leurs membres. L’une des forces des méthodes collaboratives de learning by doing réside dans le fait que chaque individu se sert de sa propre expérience pour la mettre au service du collectif. En situation d’apprentissage, s’il y a un échec, il est plus facilement associé au groupe. Le vécu est donc plus positif et cela facilite la nécessaire prise de recul pour le comprendre. Car l’alternance pédagogique est aussi une des particularités du learning by doing. Au temps de l’action succède le temps de l’approche théorique pour une meilleure assimilation et la valorisation de l’intelligence collective. Ce retour d’information nous paraît essentiel. C'est pourquoi nous proposons un débriefing à la fin de chaque session d'escape game. Ce débriefing est construit en amont avec l'entreprise qui nous accueille : nous adaptons nos messages à ses spécificités. Son caractère informel nous permet d'entamer un dialogue libre et détendu avec les participants, pour aborder différemment la prévention des risques.